Interview de David Eychenne

Interview de David Eychenne

Le samedi 20 octobre 2018, je me suis rendue dans les montagnes ariégeoises pour accompagner les éleveurs pendant la transhumance à pieds. L’occasion d’interviewer David Eychenne, éleveur de vaches, qui milite pour une agriculture paysanne, humaniste, équitable qui permette à un maximum d’agriculteurs de vivre de leur métier tout en faisant vivre la filière locale.

Remise du rapport la mission sur les pesticides

Remise du rapport la mission sur les pesticides

Le gouvernement souhaite réduire rapidement les pesticides et les produits phytopharmaceutiques dans l’agriculture. Il souhaite mobiliser les leviers législatifs et financiers en France et convaincre la Commission européenne d’aller plus loin dans l’interdiction.

Sous la présidence de ma collègue Elisabeth TOUTUT-PICARD, Députée de la 7ème circonscription de la Haute-Garonne, une mission d’information a été engagée sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques dont les propositions vont enrichir la future loi alimentation et agriculture. Cela séparera les activités de conseil et de vente de produits phytopharmaceutiques et encadrera ces pratiques. La redevance pour pollutions diffuses sera modifiée pour mieux tenir compte de la dangerosité des produits. Une surveillance nationale des pesticides dans l’air ambiant sera mise en place. Des actions seront en outre mises en place pour prévenir l’exposition des riverains.

Le gouvernement va également mobiliser l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) pour lister les substances préoccupantes dont l’approbation européenne expire après 2018 et demander à la Commission de réexaminer les approbations si les études apportent des éléments nouveaux.

Pour en savoir plus sur la Mission d’information commune sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques : cliquez ici

Nouvelle carte des Zones Défavorisées Simples

Nouvelle carte des Zones Défavorisées Simples

La nouvelle carte des Zones Défavorisées Simples (affectée de handicaps spécifiques du fait de contraintes géographiques : climat, pente, mauvaise productivité de la terre ou de milieu naturel) vient d’être publiée pour être négociée à Bruxelles. Cette carte n’est pas encore définitive puisque plusieurs communes ne sont pas encore traitées et que le Ministre défendra devant la Commission européenne un nouveau critère de continuité territoriale qui permettrait d’affiner encore cette carte, mais c’est une première base de travail avec les institutions européennes. Depuis les dernières cartes parues en janvier et février, de nouveaux critères ont permis de faire entrer davantage de communes dans ce classement et d’en faire sortir moins que prévu initialement : 14 000 communes sont désormais classées contre 13 984 dans la carte du 9 février et 1 349 communes sont désormais sortantes au lieu de 1 401. Pour la Haute-Garonne, agriculteurs et députés se sont mobilisés pour faire diminuer considérablement le nombre de bénéficiaires sortants : le chiffre est passé dans la dernière carte de 231 à 31. Je me réjouis que la situation de notre département ait été prise en compte.

Il est toujours difficile de modifier les critères d’attribution des aides agricoles, en particulier dans le contexte que l’on connait. Cette nouvelle carte est le fruit de très nombreuses simulations prenant en compte de multiples critères et la diversité des territoires pour que la France s’inscrive dans les nouveaux critères européens. Par rapport au zonage actuel, la nouvelle carte permet de classer au total 3 571 communes de plus que précédemment puisque 4 920 communes et 12 100 bénéficiaires entreront dans le dispositif tandis que 1 349 communes et 5 100 bénéficiaires en sortiront.

Dès le début du mois de mars, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation réunira un groupe de travail Etat-Régions sur les mesures d’accompagnement des sortants mais plusieurs dispositifs ont déjà été annoncés :

  • L’élaboration de diagnostics territoriaux sur le nombre de bénéficiaires sortants, la typologie de leurs situations et de leurs difficultés. Une attention particulière sera portée aux agriculteurs nouvellement installés, notamment aux jeunes
  • L’échelonnement de la sortie des aides : les agriculteurs sortants du dispositif continueront à toucher 80% en 2019 puis 20% en 2020
  • Une réflexion globale sur la mobilisation d’autres dispositifs financiers

Etats généraux de l’alimentation

État généraux de l’alimentation

Après 5 mois de débats et de consultations, les Etats généraux de l’alimentation lancés par le Gouvernement se sont terminés en décembre 2017. Ces états généraux avaient pour but d’accompagner la transformation des modèles de production, de promouvoir une alimentation saine, sûre et durable et de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier grâce au paiement de prix justes.

J’ai souhaité apporter ma contribution à ces débats de différentes façons : en allant à la rencontre des agriculteurs place de la République à Paris, en participant à la transhumance avec des éleveurs vachers dans les montagnes ariégeoises ou en organisant, à l’occasion du Salon REGAL (Rencontres Gustatives, Agricoles et Ludiques), un débat en compagnie d’agriculteurs, d’éleveurs et de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Mon engagement ainsi que la proximité que j’entretiens avec les agriculteurs de ma région m’ont permis de comprendre leurs attentes, leurs mécontentements mais aussi et surtout la beauté de leur métier parfois trop vite oubliée. Il faut retrouver, dans notre alimentation, ce plaisir gustatif et cette sûreté sanitaire qui sont mon combat et celui de beaucoup d’agriculteurs. La production de proximité, la transition écologique et les prix rémunérateurs sont les outils qui permettront d’améliorer notre alimentation et de sauver notre agriculture. Beaucoup trop de fermes aujourd’hui sont très peu reconnues voire invisibles car elles ont très peu d’aides et ne livrent qu’aux petites surfaces.

Le Gouvernement a annoncé, suite aux états généraux de l’alimentation, une loi qui devrait bientôt passer en conseil des ministres. Cette loi proposera des mesures concrètes pour les agriculteurs et les consommateurs :

  • La recherche du prix juste avec des mesures relatives aux contrats passés entre les agriculteurs et les distributeurs pour prendre en compte le coût de production ;
  • L’encadrement des promotions ;
  • Le relèvement du seuil de revente à perte ;
  • L’amélioration de la condition animale,
  • L’augmentation du nombre de produits locaux ou labellisés dans la restauration collective (50% d’ici 2022).
  • Nous travaillons actuellement à enrichir le texte et toutes les idées sont les bienvenues. Ces états généraux auront permis d’alerter les citoyens et le gouvernement sur le quotidien des agriculteurs et sur le contenu de nos assiettes. Je souhaite continuer à faire de ces sujets une des priorités de mon mandat car il en revient de notre santé, de notre bien-être et de notre avenir.

Projection débat : « De la terre à nos papilles »

Projection débat : « De la terre à nos papilles »

J’ai organisé une projection débat le samedi 16 décembre 2017 à l’occasion du REGAL (Rencontres, gustatives, agricoles et ludiques; ex SISQA) de Toulouse.

J’ai souhaité profiter de cet événement, organisé par le Conseil Régional Occitanie, pour confronter la vision du consommateur avec le travail des agriculteurs qui mettent en valeur un territoire riche en diversité, en produits de qualité, mais également sur les difficultés qu’ils rencontrent.

C’est dans l’échange et la confrontation que nous pourrons contribuer à la mise en place d’une chaîne de production agroalimentaire plus durable et plus équitable, avec une consommation plus respectueuse de l’environnement, tout en offrant un revenu décent aux agriculteurs.

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