Emmanuel Macron au sommet européen du spatial à Toulouse

Le Président de la République a prononcé hier à Toulouse un discours devant les 27 ministres européens en charge du spatial. 

Ce domaine est stratégique pour l’Europe, la France et particulièrement Toulouse puisqu’il faut savoir que notre agglomération abrite 10 000 des 30 000 emplois européens de ce secteur. La 9eme circonscription dont je suis élue en accueille une part importante avec Thalès Alenia Space et de nombreuses PME du Parc Technologique du Canal à Ramonville Saint Agne.

Convaincue de l’importance du spatial, je participe a un groupe de réflexion sur les usages civils du spatial notamment dans le domaine de l’environnement, les applications sont multiples et ouvrent des perspectives importantes, je pense à la cartographie et à la modélisation numérique des océans faite par Mercator, aux technologies de guidages de CLS, aux multiples applications pour l’agriculture, le développement foncier…

Le président a rappelé à Toulouse hier l’importance de ce secteur en vive mutation, qui n’échappe pas à la compétition internationale, dans lequel l’Europe doit se battre pour maintenir sa place. Il a été question de lanceurs avec notamment Ariane 6, des « constellations » qui permettent des programmes spatiaux plus agiles, de l’émergence de PME ultra technologiques.

Sur l’ensemble de ces sujets, il s’agit de recherche, d’innovation, d’excellence bien sûr, mais aussi de souveraineté et de défense, comme l’a dit le président de la République :

« nous sommes en la matière à un moment décisif pour notre Europe, compte tenu de l’accélération technologique et industrielle, compte tenu aussi des choix fondamentaux, civilisationnels qui sont faits à l’égard de l’espace. […] Et donc il nous faut assumer de soutenir massivement nos grandes universités, nos grands organismes de recherche, de poursuivre des grands programmes avec nos industriels historiques et de nouveaux acteurs, et de bâtir cette stratégie spatiale européenne clef pour notre souveraineté. […] En nous engageant dans l’aventure spatiale, nous défendons une vision du monde » .

 

Scolarisation et grande précarité : des préconisations parlementaires pour identifier et accompagner les enfants vers l’école

S’il y a bien un sujet qui fait l’unanimité en France, c’est celui-ci : la place d’un enfant se trouve à l’école. Mais pour ceux qui vivent au bord des rocades, dans des squats ou des bidonvilles, sur des terrains défoncés par les pluies, dans des hôtels sociaux ou dans des caravanes, le chemin pour y parvenir est semé d’embuches.

En tant que députée, j’ai souhaité porter à la connaissance des élus et des institutions la très dure réalité que vivent de nombreux enfants précaires en France et les freins à leur scolarisation.

Ces enfants peinent à s’intégrer à l’école ou n’y ont pas accès parce que leur lieu de vie est instable, précaire et expulsable à tout moment. Par ailleurs la pauvreté impacte leur santé, rend difficile leur accès aux transports en commun et les prive de cantine. Nombre de ces enfants se trouvent alors pris dans un schéma de reproduction sociale : ils s’éloignent de l’école, ne réussissent pas à s’extraire de la pauvreté, peinent à s’insérer socialement et peuvent devenir dépendant de l’économie informelle.

Combien sont-ils ?

Selon le Secours Catholique, en 2017, en France, et à 87 % en Île-de-France, près de 40 000 personnes, en majorité des familles, sont hébergées à l’hôtel via le 115. Le « nomadisme forcé » d’hôtel en hôtel rend impossible l’intégration scolaire des enfants. Plus récemment, en décembre 2021, la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) a estimé à plus de 22.000 migrants de toutes nationalités les personnes vivant sur le territoire métropolitain, en squats et bidonvilles.

L’absence de statistiques et de recensement fiable est criant. Les dénombrer via une enquête INSEE est l’une des préconisations de ce rapport. Mais il est important déjà d’identifier et de comprendre ces jeunes.

Durant la crise sanitaire, leur situation s’est encore aggravée et le décrochage scolaire s’est accentué, en particulier pour les élèves issus de la communauté des gens du voyage.

Concernant les populations roms, c’est lors du premier confinement, en mars 2020, que j’ai coordonné des actions de soutien scolaire avec des étudiants bénévoles et des médiateurs scolaires dans des hôtels sociaux et dans des bidonvilles à Toulouse. C’est dans ce contexte que le gouvernement m’a confiée une mission en juillet 2021 pour identifier les freins à la scolarité des enfants précaires. J’ai rendu en décembre 2021 un rapport au Premier ministre et au ministre de l’Éducation nationale intitulé « Scolarisation et grande précarité : l’accès à l’éducation pour tous » assorti d’une série de préconisations :

  • Augmenter le nombre de médiateurs scolaires. Ils sont la clé de voute de la réussite. Ils vont sur le terrain et font le lien avec les administrations. Grâce aux médiateurs scolaires, 80% des enfants qui vivent en bidonville sont scolarisés alors qu’ils ne sont que 20% quand le poste de médiateur n’existe pas ;
  • Respecter l’instruction du 25 janvier 2018 visant à la résorption des bidonvilles, en effectuant une évaluation sociale AVANT l’expulsion ; en se préoccupant d’un hébergement en adéquation avec l’école de l’enfant. En travaillant en concertation avec les associations et les ministères de l’Education Nationale et du Logement. Pour chaque famille expulsée, c’est en moyenne 6 mois de déscolarisation et un traumatisme à long terme ;
  • Dispenser des formations sur la grande pauvreté aux agents administratifs et institutionnels pour qu’ils puissent mieux appréhender et accueillir ces publics ;
  • Améliorer l’accès à la cantine, au périscolaire et aux transports ;
  • Renforcer les UPE2A. Les élèves qui ne maîtrisent pas le français sont scolarisés dans des classes d’unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A). Le rapport propose une meilleure répartition sur le territoire et une augmentation du nombre d’heures d’enseignement du français.

Le rapport décrit, dans la première partie, des portraits d’enfants mettant ainsi en exergue leur richesse et les difficultés de leurs parcours et de leurs expériences. La deuxième partie est consacrée aux freins et aux obstacles à lever pour permettre aux enfants de s’inscrire à l’école. Enfin, la troisième partie porte sur les conditions à mettre en œuvre pour favoriser la réussite de ces élèves à l’école et leur intégration dans la société.

Je reste convaincue que, comme pour tous les enfants, de beaux parcours scolaires sont possibles lorsque les conditions d’une fréquentation régulière sont réunies.

Sandrine MÖRCH,
Députée de la Haute-Garonne

sandrine.morch@assemblee-nationale.fr

Protection des enfants : une loi qui incarne mes combats

Après avoir déposé plus de 100 amendements, après avoir porté les voix des jeunes pendant des jours dans l’hémicycle, je peux enfin voir le fruit de notre travail commun : une commission mixte paritaire conclusive sur le projet de loi sur la protection des enfants !

Ce projet de loi a été l’occasion de rappeler la place qu’ont les enfants accueillis ou confiés à la protection de l’enfance, français ou non, mineurs ou fraîchement majeurs, dans la société française. Ces jeunes sont nos jeunes. L’actualité se focalise souvent sur les seules images négatives de certains jeunes ou certains établissement d’accueil mais n’oublions jamais: un mineur, isolé ou non, est un adulte en devenir porteur de fragilité, de vulnérabilité et d’influençabilité, sans possibilité pour lui d’avoir ses parents pour l’assister. La présence d’un tiers de confiance est essentielle pour que ce jeune se construise, pour qu’il grandisse et devienne un membre à part entière de notre société.

Nous, les parlementaires, faisons de notre mieux pour protéger chaque jour un peu plus ces jeunes précaires. Cette nouvelle loi permet des avancées majeures. Les présidents de conseils départementaux seront invités à proposer une solution d’accompagnement aux jeunes pris en charge par l’ASE à leurs  18 ans. Ou encore, proposer systématiquement à tout jeune de l’ASE de bénéficier d’un parrainage ou d’un mentorat lors de son entrée au collège.

Ce projet de loi est une excellente avancée, même s’il reste du chemin à parcourir. C’est une promesse tenue par le ministre Taquet et notre gouvernement sur la protection des enfants en ayant toujours en tête l’intérêt supérieur de l’enfant. Il incarne aussi mes combats qui ont commencé bien avant mon mandat mais que j’ai aussi porté durant ces cinq ans.

Mes années de députée ont été marquées par ma volonté de toujours mettre les jeunes au centre des discussions parlementaires et les rendre acteurs de leur propre avenir :

  • Présidente de la commission d’enquête sur l’impact du covid sur les jeunes en France, j’ai voulu dénoncer les effets de la crise actuelle sur le mental et la vie quotidienne de nos jeunes. Ils sont responsables et altruistes, volontaires mais stigmatisés et mon rapport a levé les voiles en partie sur leurs problèmes.
  • Chargée d’une mission gouvernementale par le premier ministre, j’ai enquêté sur les enfants en France dont le parcours vers l’école est semé d’embuches. Enfants français ou enfants immigrés, ainsi que tous ces jeunes qui immigrent seuls, par des voies dangereuses et violentes.

Aujourd’hui, je veux continuer de faire vivre mes convictions à travers des actions très concrètes de terrain. Après avoir travaillé avec mes collègues pour que cette loi passe, je reste convaincue que la réflexion collective est la meilleure des solutions pour atteindre son but : assurer le droit à la vie, à l’éducation et à l’intégration.

Sandrine Mörch

Le gouvernement me confie une mission relative à la compréhension des obstacles qui s’opposent à l’éducation de tous les enfants de France

Le gouvernement confie à la députée de Haute-Garonne Sandrine Mörch une mission relative à la compréhension des obstacles qui s’opposent à l’éducation de tous les enfants de France.

En France de nombreux enfants vivent dans des habitats très précaires : des bidonvilles, des campements de gens du voyage, des hôtels sociaux, des squats…
Pour ces enfants,  l’obligation d’aller à l’école existe comme pour tous les enfants sur le sol français, mais c’est trop souvent un vœu pieux. Les freins matériels et psychologiques qui empêchent leur scolarisation ou le suivi d’une scolarité normale sont nombreux. Quand on vit dans un bidonville ou dans un hôtel social, les priorités sont d’abord de se nourrir et tenter d’être en sécurité. Pourtant, seule l’école peut émanciper ces enfants de leur condition.

Députée membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation depuis 2017, l’engagement de Sandrine Mörch auprès des jeunes, et notamment les plus précaires, fait écho au métier de journaliste qu’elle a exercé pendant 30 ans, parfois sur des terrains de crises majeures d’où sont aussi issus directement ces enfants sur notre territoire. Les familles déplacées par la guerre civile dans leur pays, ou contraints de migrer sont aussi celles que nous retrouvons  dans les hôtels sociaux.

Bien conscient qu’il fallait prendre le problème à la racine,  le gouvernement a agi pour l’éducation Depuis 2017, l’instruction obligatoire dès 3 ans, les dédoublements de classe pour les grandes section, CP & CE1 des REP et REP + permettent d’agir le plus tôt possible dans la vie des enfants. On sait que l’apprentissage de la lecture est une étape clé. L’obligation de formation des 16 – 18 ans apporte elle aussi des solutions pour ceux qui sortent du système scolaire trop tôt et sans qualifications. De nombreux dispositifs comme devoir faits, comme les vacances apprenantes aident nos élèves.  Cependant ils passent à côté de ceux qui ont le plus besoin de l’école pour s’en sortir :  les enfants  grands précaires.
La crise sanitaire que nous vivons depuis plus d’un an a eu le mérite de rendre visibles de nombreux enfants dont la plupart de nos concitoyens ignorait même l’existence.

Depuis mars 2020, Sandrine Mörch a été à l’initiative de plusieurs dispositifs de soutien scolaire à Toulouse, notamment dans le campement rom de la Flambère et dans plusieurs hôtels sociaux. A chaque fois avec l’aide d’associations, d’étudiants bénévoles et surtout en impliquant les principaux concernés : ceux qui vivent au quotidien la situation de ces enfants. Dans le campement rom il s’agit de jeunes médiateurs scolaires issus du camp, dans les hôtels sociaux de quelques mamans qui sont de précieux relais.

Ces expérimentations, bien qu’artisanales ont produit un petit miracle : Depuis la rentrée de septembre dernier, 47 des 48 enfants du bidonville de la Flambère sont inscrits à l’école primaire et 41 y sont assidus, c’est inédit !

En confiant à Sandrine Mörch cette mission, qui va se dérouler jusqu’en décembre 2021, le gouvernement est très conscient de l’existence de ces enfants. Il montre aussi sa volonté de trouver des solutions, y compris territoriales ou locales,  pour qu’ils soient scolarisés dans de bonnes conditions. Les multiples difficultés de vie de ces enfants font que, s’ils sont livrés à eux même, nous connaissons malheureusement par avance leur parcours :  difficultés scolaires, puis décrochage, puis délinquance. La seule chance de casser cette spirale infernale,  c’est l’éducation. Malgré toute la bonne volonté de l’Education Nationale, et des professeurs qui souvent s’investissent très fortement auprès de ces élèves, l’école seule ne peut suffire. Ces enfants, qui ne vivent pas une vie d’enfant,  doivent être accompagnés avec un suivi plus individuel qui peut entre autre pallier les carences des parents.

En préparant cette mission, la députée et son équipe ont rencontré plusieurs associations qui font chacune sur leur territoire un travail de fourmi, auprès des enfants roms, auprès des enfants migrants, dans les camps de gens du voyage et auprès des MNA… Ce travail est efficace mais trop souvent à très petite échelle; et il dépend beaucoup des municipalités ou des élus territoriaux. Un des objectifs sera de recenser ces initiatives, et de permettre leur duplication à l’échelle nationale.

« En travaillant avec les services du Ministère de l’Education Nationale, tout en ayant les pieds ancrés dans la réalité du terrain, j’ai la volonté de permettre l’adaptation aux plus précaires des nombreux dispositifs qui existent, mais ne s’appliquent pas à des enfants qui passent sous les radars. Il faudra aussi organiser le suivi périscolaire de ces enfants, et c’est là que le tissu associatif a toute sa place. La coordination de l’ensemble des acteurs sera la clé de la réussite. »

Ma réaction aux scrutins du 20 juin 2021

Le deuxième tour des élections régionales arrive dès ce dimanche, je déplore l’abstention massive du premier tour. Force est de constater que la classe politique dans son ensemble n’a pas su donner envie aux Français de se déplacer pour ces élections, dont les enjeux sont pourtant ancrés dans leur vie quotidienne. C’est une défaite collective.

Pour lutter contre ce rejet de la politique, une solution : travailler en bonne intelligence. Cette année de crise nous l’a largement démontré. Nous avons dû agir ENSEMBLE pour contrer la pandémie et le marasme sanitaire, économique et mental.

Ces clivages politiques d’un autre âge, que ns entretenons, nous, les politiques, ont fini par lasser durablement nos concitoyens.

Ils  vivent une crise sans précédent qui aura des répercussions à très long terme sur nos avenirs respectifs. Ne pas unir nos forces et nos efforts nous décrédibilise. C’est une gabegie financière et démocratique. Nous n’avons plus les moyens de gouverner en silo. Cela coute beaucoup trop cher au contribuable et cela diminue ses chances de trouver des solutions concrètes qui pourraient améliorer durablement sa vie

La formation par exemple: . Compétence partagée entre l’Etat et la Région. Des budgets colossaux sont investis de part et d’autre. Quelles économies pourrions-nous réaliser si nous travaillions en cohésion, et en concertation ? Les citoyens, principaux pourvoyeurs des investissements publics, ont droit à un vrai retour sur investissement.

Quant à la jeunesse, autre compétence partagée par l’Etat et les collectivités, ne mérite-t-elle pas une cohabitation sans faille entre le département, la Région, l’Etat ?

Les combats idéologiques d’arrière-garde coutent très cher aux contribuables. Et aujourd’hui ils ne veulent plus payer.
C’est le rassemblement des forces vives, démocratiques et d’engagement, qu’elles soient de gauche ou de droite, qui nous mènera au succès. Nous avons besoin de l’énergie de tous les politiques pour réussir à dépasser cette crise et celles à venir.

Dimanche nous devons donc choisir celui avec qui nous pouvons travailler efficacement. Nous aurons le choix entre le candidat du RN M Garraud, celui des Républicains M Pradie, et la Présidente sortante, Mme Delga.

Evidement je souhaite qu’aucune voix ne se porte sur le candidat d’extrême droite, En Occitanie les conseillers régionaux FN sortants n’ont rien proposé de constructif en 6 ans

Je vois évoluer Aurelien Pradié à l’Assemblée nationale depuis 2017, il se comporte exactement comme il s’est comporté pendant la campagne, dans l’invective et la polémique. La région a besoin d’élus constructifs et impliqués, pas de donneurs de leçons. Il n’aura donc pas ma voix.

Carole Delga, a l’avantage de bien connaitre cette région et de lui être totalement dévouée.  Elle reste la plus qualifiée pour aborder, aux côtés de l’Etat, les enjeux majeurs de ce prochain mandat, : la réorganisation de notre industrie en utilisant le plan de relance, le tourisme, la formation des jeunes, à laquelle je suis particulièrement sensible.

Je voterai donc pour la liste L’Occitanie en commun, conduite par Carole DELGA

Pour les élections départementales, partout ou des candidats majorité présidentielle sont qualifiés au second tour (sur ma circonscription Sylvie Brot et Sebastien Cazaulon sur le canton Toulouse 11 – Ramonville, Nina Ochoa et Jean-François Audiguier sur le canton Toulouse 6) j’appelle bien évidement à voter pour eux.

Gardarem la lenga ! ma réaction à la décision du conseil constitutionnel

L’été arrive, les terrasses réouvrent et on a envie de salade ou … de « salé » ! La salade est un mot tiré de l’occitan, qui vient de « sale » ou « sel ». Notre français est un métissage de langues et notre quotidien est rythmé par ce mélange trop peu connu.

Durant mes 30 ans de journalisme où j’ai arpenté en long en large notre territoire dans ses moindres recoins, j’ai vu s’étioler, s’effriter, s’effondrer nos villages renaissants, nos produits gustatifs, nos chants, nos danses, nos paysans, et la colonne vertébrale de tout ça : la langue locale de ces territoires. Beaucoup la redécouvrent aujourd’hui parce qu’ils sentent qu’il y a là une source vivante qui peut contrebalancer ce mal être des villes. Un mal être qui s’est accentué durant le confinement. Mais l’état de notre soit disant « petit « patrimoine est pitoyable. On l’a laissé dépérir or ce sont des racines que nous cherchons désespérément à recréer, ce sont des ancrages, y compris pour de nombreux jeunes perdus. Des jeunes qui sont en manque de sens, en manque de famille au sens large, en manque de sens commun, et qui reviennent vers ces territoires à l’abandon.

Et dans cette « solitude sociologique française », ?  les langues régionales sont une véritable source de joie partagée, et régénérante. Les jeunes s’emparent de l’occitan pour refaire vivre cette langue et l’héritage local. Le groupe de San Salvador est composé de 6 jeunes qui viennent de Tulle en Corrèze et qui chantent en occitan, ils réinventent les chansons traditionnelles à l’aune de la modernité. Ils veulent refaire vivre la culture de leurs ancêtres. Ou le duo féminin, Cocanha, qui chante en occitan et s’est formé à Toulouse, ou encore moins jeune mais le très connu Rodin Kaufmann, rappeur occitan.

La série Lo Mot réalisée par Amic Bedel remet l’occitan à l’honneur via les mots oc en France. Ces vidéos ludiques et pour tous vont de l’origine des mots à l’explication très d’actualité du « confinhats« , confinement  ! Ces mini séries de quelques minutes rappellent ce qui ne doit pas être perdu : ce qui fait la particularité de notre culture, ce qui fait l’histoire de France.

C’est un grand jour pour les amoureux et défenseurs de ces langues si fragiles, pour tous ses pratiquants dans nos territoires. Elles n’ont pas d’avenir sans une réelle volonté politique et journalistique : en les tenant bien à l’écart des médias nationaux depuis l’ORTF ou en les maintenant dans des petites niches, il était impossible pour elles de rivaliser avec ces nouveaux modèles dominants, le français et l’anglais.

L’importance des langues régionales a été rappelée aujourd’hui. Le Conseil Constitutionnel a statué sur la proposition de loi portant sur les langues régionales. Le forfait scolaire est maintenu. Le forfait scolaire permet aux écoles associatives de pallier le manque d’écoles bilingues publiques. Tout citoyen français doit pouvoir accéder dans son éducation à ce patrimoine immatériel de plus en plus précieux dans cette humanité mondialisée.

Néanmoins, le Conseil Constitutionnel a retoqué deux autres articles. L’un qui aurait permis à l’immersion de dépasser le cadre expérimental (article 4) et l’autre qui aurait pu inclure les signes diacritiques (le fameux ñ du Fañch Breton, ou le ì du Martì Catalan) dans les actes d’état civil (article 9).

Dans son arrêt, le Conseil Constitutionnel déclare inconstitutionnel l’enseignement immersif dans son ensemble, il est pourtant pratiqué dans les Calendretas, dans les écoles Diwan et bien d’autres. Ces écoles ont permis de faire naître, grâce à des associatifs il y a une quarantaine d’années, l’idée qu’il était possible de transmettre ces langues par l’école. Que va-t-il se passer ? L’enseignement qu’elles dispensent ne peut et ne doit pas être remis en question, j’y serai particulièrement vigilante

 L’Etat, par ses décisions passées, a une part de responsabilité énorme dans la situation précaire actuelle de ces langues. L’Occitan est considéré par l’UNESCO comme une langue minoritaire en danger de disparition. D’où la nécessité et l’urgence de la soutenir fermement.

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