L’extension de l’obligation vaccinale à 11 vaccins : pourquoi ce choix ?

L’extension de l’obligation vaccinale à 11 vaccins : pourquoi ce choix ?

Les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 reçoivent désormais 11 vaccins obligatoires au lieu de trois précédemment. Cette extension de l’obligation vaccinale, qui fait l’objet d’une recommandation unanime de toutes les autorités de santé, et notamment de l’Organisation mondiale de la santé, a suscité de nombreux débats et a conduit à préciser certains faits sur la  vaccination.

Jusqu’à cette réforme, un nourrisson recevait de façon obligatoire trois injections, contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTpolio) à 2, 4 et 11 mois. Pour immuniser l’enfant contre l’hépatite B, la coqueluche et les infections à Haemophilus influenzae de type B (HIB), il existe déjà un vaccin qui combine les six piqûres supplémentaires. Seuls le pneumocoque à 2, 4 et 11 mois, le méningocoque C, à 5 et 12 mois, et le ROR (rougeole-oreillons rubéole), à 12 et entre 16/18 mois, nécessitent des injections supplémentaires. Avec la réforme, dix injections au total jusqu’à 18 mois seront obligatoires.

Mais ces vaccins appartiennent en réalité déjà au calendrier vaccinal actuel et la mesure ne changera rien pour près de 8 enfants sur 10.

En effet, le taux de couverture vaccinale des enfants de 24 mois s’élevait en 2015 à 98,6 % pour la coqueluche ; 98 % pour l’haemophilus influenzae de type b ; 88,1 % pour l’hépatite B ; 91,4 % pour le pneumocoque ; 90 % pour la Rougeole-Oreillons-Rubéole ; 70,9 % pour le méningocoque C.

Malgré ces taux, on a pu constater une recrudescence de certaines maladies infantiles.  Il y a cinquante ans, on comptait annuellement 3 000 décès par diphtérie et 200 décès d’enfants par poliomyélite en France et le tétanos tuait également plus de 1 000 personnes par an. A contrario, l’épidémie récente de rougeole entre 2008 et 2014 avec plus de 23 000 cas déclarés en France, plus de 30 encéphalites et 10 décès, est liée à l’insuffisance de la couverture vaccinale pour cette maladie. Fin juin à Marseille, une adolescente de 16 ans est ainsi décédée d’une forme rare et aiguë de rougeole, maladie contre laquelle elle n’était pas vaccinée. Avant elle, la rougeole avait causé la mort de 10 enfants en France depuis 2008, selon le ministère. Dans un contexte où de plus en plus de Français se méfient des vaccins et où la distinction entre les trois vaccins obligatoires et les huit vaccins recommandés conduit certains parents à penser que certains vaccins ne sont pas importants, l’extension de l’obligation vaccinale permet d’améliorer cette couverture vaccinale pour écarter tout risque d’épidémie.

L’OMS a en effet fixé un taux de couverture de 95% pour qu’un vaccin soit efficace. Grâce à la vaccination, la variole a disparu dans le monde et la poliomyélite a disparu de France.

Un taux élevé de couverture est donc nécessaire, car il permet de protéger les plus vulnérables qui ne peuvent pas être vaccinés. En ce sens, la vaccination protège au niveau individuel mais aussi au niveau collectif : « On se vaccine pour soi mais aussi pour les autres » : les nourrissons de moins d’un mois, les femmes enceintes, les personnes qui ne peuvent être vaccinées pour raison médicale ou encore les personnes âgées.

L’aluminium contenu dans les vaccins est-il dangereux pour la santé ?

Pour la majorité des vaccins inactivés (i.e. ne comportant pas de microbe vivant), la présence d’adjuvants est en effet indispensable pour permettre une réponse immunitaire entraînant une protection. Les sels d’aluminium figurent ainsi parmi les adjuvants les plus utilisés dans le monde avec un recul d’utilisation de 90 ans et des centaines de millions de doses injectées. Les données disponibles à ce jour issues d’études menées sur des vaccins contenant des sels d’aluminium ne remettent pas en cause leur innocuité, ni leur capacité à stimuler la réponse immunitaire induite par les vaccins.

Par ailleurs, les français absorbent par ailleurs quotidiennement de l’aluminium puisque l’aluminium sert souvent au conditionnement alimentaire (boissons en canettes). Les quantités d’aluminium apportées par les vaccins sont faibles (généralement 0,2 à 0,5 mg par vaccin, et en tout cas jamais plus de 0,85 mg) par rapport aux sources quotidiennes d’apport d’aluminium dans l’organisme (3 à 5 mg chaque jour par voie orale).

Des études, issues essentiellement d’une seule équipe dans le monde, ont investigué le lien entre la lésion lors de la vaccination contenant de l’aluminium et l’existence de symptômes de type fatigue, douleurs musculaires ou articulaires ou de troubles cognitifs. L’analyse des résultats de ces études n’a pas permis de démontrer l’existence d’un lien.

Y-a-t-il un lien entre Hépatite B et sclérose en plaques ?

De nombreuses études ont été réalisées depuis 1996 afin de s’assurer que la vaccination contre l’hépatite B n’augmentait pas le risque de sclérose en plaques ou d’autres maladies auto-immunes. Les études disponibles ont chacune conclu à l’absence d’association avec des complications neurologiques comme la sclérose en plaques.

Au total, les études menées n’ont donc pas confirmé le lien suspecté entre la vaccination contre le virus de l’hépatite B et des effets indésirables graves, que ce soit en termes d’atteintes neurologiques de type sclérose en plaques, ou d’autres maladies auto-immunes. Une seule étude suggère l’accélération de l’apparition des symptômes d’une maladie préexistante dans l’organisme après l’injection.

Enfin et surtout, la suspicion de lien avec la sclérose en plaques n’a jamais concerné la vaccination du nourrisson.

Pin It on Pinterest