Plan national de santé publique : priorité à la prévention

Plan national de santé publique : priorité à la prévention

La France a aujourd’hui un très bon système de soins. Mais nous avons des progrès à faire en matière de prévention et de lutte contre les inégalités de santé. Par exemple, la différence d’espérance de vie entre les Français les plus modestes et les Français les plus aisés est de 13 ans pour les hommes et 8 ans pour les femmes. C’est une question de justice sociale.

La Ministre de la santé Agnès Buzyn a dévoilé en mars le Plan national de santé publique (Priorité Prévention). Il représente un investissement de 400 millions d’euros sur 5 ans et comporte 25 mesures parmi lesquelles :

  • Mieux prévenir les consommations à risque pendant la grossesse, notamment en améliorant la visibilité du message « zéro alcool pendant la grossesse » et en informant mieux les femmes des risques encourus. 1 enfant sur 1000 naît aujourd’hui avec un handicap lié au syndrome d’alcoolisation fœtale.
  • Prévenir les risques auditifs chez les jeunes, par une campagne nationale de sensibilisation et par le repérage des troubles auditifs chez les jeunes de 15 à 16 ans.
  • Expérimenter le « Pass préservatif » pour les moins de 25 ans, un programme de prévention en santé sexuelle qui inclura la mise en place d’une carte donnant un accès gratuit à des préservatifs, car il apparait qu’à peine 53 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont utilisé un préservatif lors de leur dernier rapport sexuel.
  • Rembourser directement les aides à l’arrêt du tabac, pour « rendre cette décision la plus simple possible », à la place du forfait d’aide au sevrage de 150 € par an actuellement en place. La France compte actuellement 13 millions de fumeurs. Le tabac tue en France 73 000 personnes chaque année. Le cancer du poumon est en train de devenir la première cause de mortalité par cancer chez les femmes (10 000 décès en 2017).
  • Introduire un programme national de dépistage organisé pour le cancer du col de l’utérus, comme cela existe pour le cancer du sein et le cancer colorectal. Le dépistage sera pris en charge à 100 % (pour toutes les femmes n’ayant pas réalisé de frottis dans les 3 dernières années).
  • Généraliser la vaccination antigrippale par les pharmaciens d’officines, en 2019, après une concertation avec l’ensemble des acteurs.

Par ailleurs, le Gouvernement propose de conserver à la consommation de cannabis sa qualification de délit, mais de le sanctionner par une amende forfaitaire systématique pour mettre fin à l’ « hypocrisie » actuelle, qui prévoit une peine de prison difficilement applicable et disproportionnée plutôt qu’une sanction pécuniaire systématique et plus dissuasive. L’intégralité du produit de ces amendes sera reversée au financement de la prévention à destination des jeunes et des consommateurs des jeunes.
Enfin, dès la rentrée 2018, près de 50 000 étudiants en santé accompliront leur service sanitaire. C’était un engagement d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle pour que puisse se développer une véritable culture de la prévention.

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