J’ai choisi de voter contre la proposition de Loi « Sécurité Globale » proposée par mes collègues Jean-Michel FAUVERGUE et Aline THOUROT.

Personne ne peut se satisfaire des discours de haine et des menaces qui prospèrent sur les réseaux sociaux. Ils doivent être farouchement combattus. Il est injustifiable que les forces de l’ordre qui nous protègent subissent un véritable lynchage. Face à la montée des violences au sein de notre société, ils sont en première ligne. Il est aujourd’hui extrêmement difficile de maintenir l’ordre dans un contexte de tensions permanentes entre les forces de sécurité intérieure et les groupes extrémistes qui banalisent les agressions violentes.

Ce texte vise à réinvestir massivement dans la sécurité publique, néanmoins la lutte contre la violence commence par l’éducation et la prévention. C’est mon combat quotidien. Il faut bien évidement traiter les problèmes de sécurité mais il faut d’abord les prévenir. Il me manque cet équilibre dans cette proposition de loi, et son article 24 suscite des réserves majeures.

Évidemment, l’intention de protéger les fonctionnaires de police n’est pas contestable. Évidement les réactions de certains de mes collègues journalistes sont disproportionnées. Le Gouvernement a amendé le texte pour préciser ses intentions, c’était nécessaire mais pour autant le doute persiste. On ne peut pas prendre le risque qu’un journaliste puisse être interpellé et mis en garde à vue sur le fondement de l’article 24 de la loi sécurité globale, même si le juge interviendra à posteriori.

Ce texte ne me semble pas nécessaire dans la mesure où les policiers et les gendarmes sont déjà protégés, grâce au code pénal et à la loi du 29 juillet 1881, notamment contre les menaces, injures, diffamations, outrages et contre la provocation à la réalisation d’un crime ou d’un délit. Aujourd’hui, la priorité doit être de renforcer les moyens alloués pour que soit appliqué cet arsenal législatif existant.

La rédaction de cet article 24, trop imprécise, pourrait conduire à une dérive de certains policiers isolés et entraver le contrôle démocratique de l’action des forces de l’ordre.

Par ailleurs, ce texte vise à renforcer la protection des forces de l’ordre mais reste muet sur celle des citoyens. Dans les prochaines semaines nous serons amenés à discuter et à voter la loi confortant les principes républicains. Nous nous devons d’apporter une réponse globale aux menaces graves reçues par des fonctionnaires dans l’exercice de leur métier. Je ferai des propositions quand le débat se tiendra dans l’hémicycle.

Tout en restant fidèle au Président de la République et au Gouvernement dans un contexte de crise covid majeure, je vote contre ce texte afin qu’aucune ambiguïté ne puisse entraver la liberté de la presse à laquelle je suis viscéralement attachée.

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