Je suis aujourd’hui intervenue au Forum pour la Paix de Paris, organisée à l’initiative d’Emmanuel Macron, à la session organisée par l’ONG Handicap International sur le thème des « Bombardements en zones civiles ».

J’ai ainsi contribué, aux côtés de M. Alberto Maverengue, Ambassadeur du Mozambique, et Jean-Baptiste Richardier, Co-fondateur d’Handicap International, à un débat autour des impacts dramatiques de l’usage des armes explosives à large impact en zone peuplée.

Le contexte ? En Irak, Syrie, au Yémen, dans les conflits actuels, les villes, devenues des théâtres d’opérations, sont bombardées sans distinction entre les cibles militaires et les populations. Les civils représentent aujourd’hui 90% des victimes de guerres, une augmentation effrayante, puisqu’en 1914-1918 cette proportion avoisinait les 40%. Avons-nous perdu toute humanité dans la guerre ? Chaque jour dans le monde, 90 civils sont victimes de bombardements indiscriminés.

Lors de cet échange, j’ai exposé mon combat en tant que Députée engagée dans la campagne d’Handicap International qui appelle la France à rejoindre le processus diplomatique en cours, menée par une coalition de 12 Etats, et soutenu par le secrétaire général des Nations Unis ; Ce processus a pour objectif d’obtenir une déclaration politique internationale contre les bombardements de civils.

C’est ainsi que nous avons été 90 parlementaires de tous bords à publier une Tribune transpartisane dans le journal Lacroix, enjoignant notre pays à ne plus se contenter de simple condamnation publique, bombardements après bombardements, mais à s’engager davantage. Nous avons aussi été une vingtaine de député(e)s à se rassembler le 12 octobre devant l’Assemblée nationale en brandissant les photos de victimes de conflits armés, pour marteler à nouveau notre message : la France doit faire plus face aux drames humains qui se jouent.

Voici quelques passages du discours que j’ai prononcé lors des discussions :

« Je ne suis pas la Députée la plus avertie en matière de politique étrangère, mais j’ai l’expérience du terrain : les dix premières années de ma carrière, je suis partie aux côtés de Médecins Sans Frontières avec une caméra pour sensibiliser l’opinion publique aux grands conflits oubliés des années 90, au Liberia, au Rwanda, au Sri Lanka… Dans un camp, j’ai vu une mine exploser, arrachant la jambe d’un réfugié. Ces gens-là, je les porte en moi, ils m’ont construite même, et aujourd’hui, je veux porter leurs voix, car ils sont absolument inaudibles. Loin des yeux, loin du cœur : personne ne se sent concerné par ces victimes lointaines ».

« Notre indifférence est un très mauvais calcul à long terme. Les pluies de bombardements militaires tuent, elles plongent les populations dans la misère, détruisent les infrastructures essentielles et provoquent le déplacement forcé de millions d’individus vers les pays européens. Toute cette souffrance se transformera en haine et fabriquera la violence de demain ».

« Face à un enfant qui saute en allant à l’école, il y a une forme d’indécence dans les concepts diplomatiques abstraits ; Il faut agir ! Nous ne pouvons-nous résigner, détourner les yeux, ne pas se sentir concerné. Il faut tous ensemble consolider le font de refus face aux drames humains qui se perpétuent huis clos ».

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