Alors que nous entrons en phase de déconfinement, je vous propose un reportage qui illustre une action que j’ai impulsée sur le territoire toulousain, au plus fort de la crise sanitaire, et qui a rapidement pris de l’ampleur. Il s’agit d’enfants, de précaires, d’école.
En ma qualité de députée, avec mon regard de journaliste, je suis restée mobilisée sur le terrain pour rendre visibles nos invisibles. Bien avant la crise sanitaire, je travaillais déjà sur les grands précaires et “l’école pour tous” pour ces milliers d’enfants qui n’ont pas de rentrée scolaire. Dès le début de la pandémie, je me suis investie sur le terrain aux côtés des rares acteurs restés mobilisés pour les plus fragiles, les isolés.
Les sans-abris, les personnes vivant dans des squats, bidonvilles, ou hôtels sociaux, les migrants en attente de leurs titres de séjours, les mineurs isolés : les plus démunis ont, plus que jamais, eu besoin d’aide alimentaire et d’hébergement pendant le confinement. De nombreuses structures ont fermé faute de personnel, de gants et de masques, alors même qu’il fallait assurer le confinement des plus précaires. Le gouvernement a fait un point sur la situation afin de remédier au mieux à cette situation. Emmanuel Macron a assuré que « pour les plus précaires, pour les plus démunis, pour les personnes isolées, nous ferons en sorte, avec les grandes associations, avec aussi les collectivités locales et leurs services, qu’ils puissent être nourris, protégés, que les services que nous leur devons soient assurés ».
Depuis le début de mon mandat je suis en lien étroit avec les associations locales, départementales, nationales et internationales. Dès le début du confinement, les associations de terrain nous ont alertés sur le fait que la situation allait empirer, notamment avec le manque notable de bénévoles dû à la crise sanitaire. Dès les premiers jours, les acteurs sociaux se sont particulièrement mobilisés aux côtés des services de l’Etat. Ensemble ils ont travaillé d’arrache-pied pour mettre à l’abri les S.D.F et les familles à la rue.
Partout en France, les associations de solidarité sont en première ligne pour accompagner les plus démunis et subvenir à leurs besoins essentiels. Elles interviennent au plus près du terrain, en relai de l’action de l’Etat et méritent à ce titre son entier soutien. Elles se sont mobilisées pour transmettre les gestes barrières, des produits d’hygiène, de la nourriture. Elles ont rassuré, assuré la continuité essentielle du lien social dans cette période qui a encore plus isolé les plus fragiles. Les associations culturelles et sportives, elles aussi, ont continué à se mobiliser pour proposer des activités en ligne aux citoyens pendant le confinement. Chacune a su s’adapter à la situation exceptionnelle que nous connaissons.

Nous avons constaté un élan solidaire remarquable des Français. Au 1er avril, ils étaient 250 000 à avoir rejoint la réserve civique pour venir en aide aux associations mobilisées sur le terrain.  Dans ce contexte, nous souhaitons un engagement fort de l’Etat pour soutenir ces mêmes associations qui, parfois, souvent même, ne sont pas connues des services de l’Etat. La crise permet de passer au tamis les acteurs qui étaient en première ligne au plus fort de la crise. Pour une reconnaissance plus juste de leur engagement et de leurs efforts déployés. Y compris dans l’attribution des subventions. C’est également un vœu tenace de notre ministre de la ville Julien Denormandie, qui a bien compris où se jouaient les grandes questions de solidarité et de civisme. La reconquête républicaine passe par une reconquête du citoyen, et une équité de traitement pour les associations, jusqu’aux plus petites, invisibles mais au plus près des habitants

Suite au confinement de la population, pour les familles les plus précaires vivant dans des squats, des bidonvilles, la continuité pédagogique semblait impossible. Pourtant, en accompagnant, dès les premiers jours, l’aide alimentaire, j’ai été frappée de voir que certaines mères de familles demandaient quand est-ce que l’école reprendrait. À la suite de ce constat, j’ai voulu mener une expérimentation dans le but de la généraliser par la suite : « l’accompagnement scolaire pour les enfants des habitats précaires ».
Pour mener à bien ce projet inédit et novateur, je me suis mise en étroite collaboration avec des professeurs de bidonvilles, des associations, des étudiants en médecine. Je me suis mise en lien avec les travailleurs sociaux des hôtels sociaux et des centres d’hébergements pour familles en grande difficulté.
L’idée : Mettre au grand jour tous ces enfants oubliés. Pour les faire sortir de l’ombre, et leur rappeler non seulement qu’ils ont leur place, le droit à l’instruction, mais aussi de très nombreux atouts à offrir à notre société : leur résilience, leur résistance aux aléas, leur débrouillardise, leur indépendance et leur don pour les langues .
L’accès à l’instruction est inaliénable et reste la toute première des solutions pour que notre jeunesse s’en sorte, s’éveille, s’épanouisse, s’élève et relève la société toute entière !

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