Ma visite à l’école de Production de l’ICAM de Sénart

Avec trois députés de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, j’ai visité l’école de production de l’ICAM de Sénart, en présence de Gilles Vandecaveye, directeur de l’école de production de l’ICAM de Toulouse.

Le pari de ces écoles de production ? Redonner du sens par le travail aux jeunes en demande de repères et de reconnaissance. Walid ou Maxime ont été en « échec scolaire », ils ont décroché dès le collège, après de multiples exclusions, car le modèle de l’école ne leur convenait tout simplement pas. Ils ont pourtant retrouvé goût au travail et à l’apprentissage dans les ateliers de l’école de production de l’ICAM car, ici, on ne fait pas attention aux « erreurs » qu’ils ont faites. Ici, on est à l’atelier les 2/3 du temps et non sur une chaise en classe. Ici, on produit des objets pour répondre à une commande, avec cette responsabilité. Kouamé, lui, a migré jusqu’à Toulouse après la mort de ses parents en Côte d’Ivoire, sans projet déterminé, et a trouvé aussi dans cette école un accueil bienveillant et un projet d’intégration. Car l’école de production est un projet global et sur-mesure avec ses cours de langue, de culture ou ses ateliers de relaxation assurés par des bénévoles.

Réconcilier les jeunes avec eux-mêmes, leur donner les clés pour comprendre le monde du travail, de l’école et retrouver le sens de la camaraderie et de l’échange sont les objectifs premiers des écoles de production. Ni lycée professionnel, ni alternance, elles proposent aux élèves de produire en atelier des pièces pour lesquelles des entreprises ont passé commande. Sur un total de 35 h, 8 h sont consacrées à des cours, le reste à la production en atelier, en collaboration avec les ingénieurs de l’ICAM qui vivent dans le même espace de travail.

Et la réussite est au rendez-vous puisque plus de 90 % des jeunes qui passent leur CAP le réussissent, 97 % pour le bac pro avec 69 % de mention (soit 20 points de plus que la moyenne nationale), que 50% poursuivent des études et que les autres ont quasi tous trouvé une place en entreprise dans les 2 mois qui ont suivi la sortie de l’école.

Les écoles de production sont, j’en suis convaincue, une solution (parmi d’autres) au problème du décrochage des jeunes. Elles répondent aux besoins des entreprises qui n’arrivent plus à embaucher des jeunes qualifiés et ayant envie de travailler. Elles répondent également aux besoins des jeunes en leur apportant d’énormes débouchés et un emploi assuré à l’issue de la formation. Fortes de 25 écoles et de nouvelles qui se créent en France et dans le Monde, l’ICAM nous propose un modèle à développer et à généraliser. Je soutiendrai ce modèle pour qu’il puisse être reconnu dans les prochaines réformes sur l’apprentissage.

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