Résorption des bidonvilles : pourquoi agir ?

J’ai été heureuse d’accueillir à l’Assemblée nationale le 61ème atelier de la (DIHAL) délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, réalisé en partenariat avec l’UNICEF.

Ce n’est pas tous les jours que les bidonvilles sont à l’honneur à l’Assemblée nationale et cet événement a été l’occasion de tordre le cou à quelques poncifs tenaces et ravageurs sur les bidonvilles et leurs habitants.

En tant que journaliste, j’ai assisté et filmé les baraquements de fortune, les évacuations à répétition, avec les cartables, les écoles et les scolarités abandonnées du jour au lendemain. De parler de ces institutrices faisant les trajets en voiture, matin et soir, en plus de leur travail, pour amener tous ces jeunes à leur école… et qui, tout d’un coup, se retrouvent désœuvrées. Tout leur travail rasé, en même temps que le campement. J’ai pu observer à Toulouse les politiques successives relatives aux bidonvilles et aux campements illicites. Il y a eu les Castalides, puis les arènes et, plus récemment, celui de Ginestou, sur lequel je me suis rendue, cette fois en tant que députée.

J’ai ainsi pu voir les différentes appréhensions de la résorption des bidonvilles. Tout d’abord l’écrasement des baraques au bulldozer municipal, dans la violence et sans détail, car avec les baraques, on écrasait aussi les meubles de fortune, l’installation électrique ingénieuse, la vaisselle, le linge, les chaussures et les cartables des enfants. On faisait table rase. Puis le délogement avec proposition de relogement, à l’hôtel souvent. Moins rapide, plus concerté, mais toujours précaire. Et, enfin, le déménagement avec un vrai suivi socio-éducatif pour la famille, qui tord le cou à toutes les peurs que suscitent, selon les époques, un jour les portugais, un autre les algériens, et aujourd’hui les Roms.

Lors de cette matinée les députés et les personnes présentent ont pu entendre les expériences associatives, préfectorales, municipales, étatiques, citoyennes qui ont œuvré à ce passage d’une politique de l’écrasement à celle du déménagement. Beaucoup de témoignages poignants ont pu être entendus, en particulier celui d’Alexandra Ciurar, que j’avais rencontrée à la ferme Habitat solidaire et qui a pu raconter la vie d’enfant en bidonville et ce qui lui a permis d’en sortir.

 

En 2016 en France, il n’est pas admissible que perdure encore des bidonvilles. C’est pourquoi le gouvernement a souhaité donner une nouvelle impulsion à la résorption des bidonvilles et campements illicites à travers la circulaire du 25 janvier 2018 signée par 8 ministres. Cette circulaire met l’accent sur l’accompagnement des habitants des bidonvilles dans tous les aspects de leur vie : école, santé, emploi, transport… Elle préconise de multiplier les stratégies territoriales partenariales pour concrétiser l’engagement des collectivités locales et des pouvoirs publics sur cette question.

Pour consulter la circulaire du 25 janvier 2018.

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