A travers la crise actuelle que le pays traverse, les enfants en danger et les enfants protégés doivent faire l’objet d’une vigilance encore plus forte durant cette crise sanitaire sans précédent qui met à l’épreuve l’ensemble de notre société et met en difficulté l’intégralité de nos politiques publiques, en particulier celles à destination des personnes les plus vulnérables.. Dans un contexte où les enfants qui relèvent de la protection de l’enfance sont de fait plus nombreux à être accompagnés en journée, avec la fermeture des écoles, collèges, lycées, et où les professionnels peuvent avoir plus de difficultés à s’organiser du fait des mesures gouvernementales de lutte contre la progression de l’épidémie, plusieurs actions ont été engagées pour répondre à ces enjeux.

 

Quelles mesures ont été prises ?
Déclenchement du plan de continuité d’activité du 119 – Enfance en danger :
Le service 119-Allo Enfance en Danger a activé son plan de continuité d’activités pour assurer un maintien de l’activité des écoutants, indispensable au repérage des situations de danger ou de risque de danger d’enfants. L’ensemble de l’équipe du Groupement d’intérêt public enfance en danger (GIPED) continuera à s’articuler étroitement avec les Cellules de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) des conseils départementaux.

Une nouvelle application mise à disponibilité :
La mise en place d’un formulaire de signalement en ligne accessible à l’adresse suivante :
https://www.allo119.gouv.fr/
Cette nouvelle fonctionnalité ouverte aujourd’hui s’adressent aux victimes et aussi aux personnes se trouvant à proximité d’une personne maltraitante ou en situation de danger de signaler plus discrètement et de diversifier les canaux de signalement à disposition du plus grand nombre.

La justice maintient les procédures d’urgence permettant de garantir la protection de tous les enfants:
Des permanences sont assurées dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire seront décidées par les magistrats pour garantir leur protection. L’accueil de ces enfants sera assuré par les professionnels de la protection de l’enfance, dont la mobilisation doit être saluée en ce temps de crise sanitaire inédite.

Des préconisations seront adressées à ces professionnels, afin de garantir leur sécurité sanitaire et celle des enfants accueillis.Concernant la répression des violences faites aux enfants, les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront.

Sensibilisation des enfants et du grand public :
Chacun doit se sentir concerné par ce message de vigilance pour que la protection de nos enfants reste une priorité malgré le confinement qui s’impose.
Le Ministre en appelle à l’ensemble des diffuseurs -chaînes de télévision, radios, plateformes internet et réseaux sociaux, utilisés en particulier par les jeunes- afin qu’ils puissent relayer les messages de prévention et de promotion du 119-Enfance en danger. Une campagne de sensibilisation sur l’enfance en danger à destination du grand public sera ainsi réactivée.

Pour en savoir plus

 

Et pour les parents ?
A ce titre, quatre grands types de besoins des parents ont été identifiés par les acteurs de terrain dont le réseau des caisses d’allocations familiales :
⦁ Un besoin d’information et de réassurance sur la pandémie de Covid-19 et la manière d’en parler aux enfants ;
⦁ Un besoin d’idées, d’activités éducatives et ludiques pour occuper les enfants durant la journée et notamment trouver une alternative aux écrans ;
⦁ Un besoin d’appui en termes d’accompagnement à la scolarité ;
⦁ Un besoin d’accompagnement, d’appui, d’écoute et de conseils en matière de soutien à la parentalité, pour prendre du recul sur ses pratiques, souffler et trouver les réponses pour faire autrement avec ses enfants.

Pour y répondre, Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé et la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF) annoncent un plan d’actions conjoint regroupant les dispositifs et services à destination des parents en période d’épidémie COVID-19 :
⦁ Un accueil de loisirs à la maison avec des activités différentes chaque jour pour apprendre en famille tout en s’amusant
⦁ Pour centraliser les ressources utiles aux parents, et privilégier les formats qui facilitent l’accès à l’information, la CNAF a mis en ligne sur monenfant.fr « l’accueil de loisirs à la maison » en lien avec les équipes de la direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA). Ce centre de loisirs virtuel leur propose chaque jour de nouvelles activités ludiques et éducatives à faire avec leur(s) enfant(s) et adolescent(s).
⦁ Adapté aux différentes tranches d’âges des enfants et à leurs besoins, y compris pour des enfants en situation de handicap, « l’accueil de loisirs à la maison  propose pour tous des activités manuelles, artistiques, musicales, scientifiques et techniques, ainsi que des jeux sportifs, des recettes de cuisine, des contes. Régulièrement, le « coin des parents » donne des conseils à l’intention des parents sur la gestion de l’actuelle période de confinement avec les enfants. Il propose des ressources en lien avec les différentes thématiques proposées, par exemple les bienfaits du jeu en famille, ou encore sur la gestion du numérique, l’importance de lire des histoires aux enfants, etc.
⦁ Mobilisation d’un fonds exceptionnel de 500 000 euros pour soutenir les projets associatifs et initiatives d’envergure nationale à destination des parents
⦁ Pour pallier la fermeture des structures de soutien à la parentalité et la diminution de l’accompagnement en présentiel des parents, les associations qui portent ces dispositifs ont dû fortement s’adapter pour garder contact avec les familles et devront aussi s’adapter au moment de l’arrêt du confinement.

Les fédérations nationales ont fait remonter trois types de besoins financiers :
⦁ Pour le fonctionnement des lignes téléphoniques existantes : recrutement de personnel supplémentaire, actions de coordination, formation et supervision, actions de communication sur ces lignes ;
⦁ Pour s’équiper afin de travailler à distance : achats de logiciel (Zoom, Calaméo, DropBox …)
⦁ Pour rédiger, imprimer, diffuser des supports de communication (édition de numéros spéciaux de magazines, édition de plaquettes …)
⦁ Pour soutenir ces actions d’envergure nationale, adossées à des associations déjà existantes et reconnues pour leur expertise sur la parentalité, l’Etat mobilise un fonds de soutien et d’accompagnement exceptionnel de 500 000 euros pour répondre aux besoins ci-dessus.

De nouvelles initiatives et des offres de service à disposition des parents plus faciles d’accès :
⦁ Les acteurs du soutien à la parentalité se sont rapidement emparés de la situation de confinement et les offres de services sont nombreuses (lignes d’écoute, création de groupes Whats’App pour maintenir le lien avec les parents, production de plateformes et de ressources en lignes etc…).

Afin de centraliser l’ensemble de ces initiatives et d’en faciliter l’accès aux parents, différents vecteurs seront mobilisés :
⦁ Le numéro vert COVID19 « 0800130000 » porté par le SIG : il prévoit dorénavant que ses écoutants puisse renvoyer sur des lignes d’écoute identifiées et actives via un annuaire classé par thématique. Une dizaine de lignes ont d’ores et déjà été fléchées et transmises, parmi lesquelles Les Pâtes au Beurre (écoute et dialogue pour les parents), Enfant Présent (bien-être de l’enfant), SOS Parentalité (réassurance contre les inquiétudes) , Enfance et Covid (grossesse, naissance, école à la maison), Apprentis d’Auteuil (décrochage et mal-être chez les ados), Enfance et Partage (soutien aux parents de bébés), Psychologues Sans Frontières (entretiens psychologiques en français et en anglais) et E-Enfance (protection de l’enfance contre le cyberharcèlment). Le numéro porté par la Croix Rouge française disposera du même outil.
⦁ Un site fera désormais référence et réunira l’ensemble des informations utiles à destination des parents comme l’annuaire des services d’écoute, des fiches explicatives, des conseils pratiques, etc. Un renvoi systématique vers ce site sera fait à partir des autres sites nationaux régulièrement fréquentés par les familles : par ici

Un soutien renforcé des Caf et de leurs partenaires aux familles en situation de fragilité:
⦁ Les Caf s’attachent à maintenir et intensifier autant que de besoin les contacts en direction des familles en situation de fragilité, dans un contexte de confinement qui peut s’avérer particulièrement problématique, pour des familles nombreuses, monoparentales, concernées par le handicap ou une séparation conflictuelle, le décès d’un enfant ou d’un parent, etc.
⦁ Tout cela est coordonné localement avec les services des collectivités territoriales, notamment les services de protection maternelle et infantile et d’action sociale de proximité des conseils départementaux.
⦁ Ces contacts sont réalisés par les travailleurs sociaux des Caf, mais également avec des campagnes de SMS ou de courriels d’informations sur « l’accueil de loisirs à la maison » sur monenfant.fr, les numéros d’écoute existants, des messages de prévention, etc. Elles relaient également les actions des partenaires, tels que les centres sociaux ou les acteurs des contrats d’accompagnement à la scolarité (Clas).

Une fiche récapitulative dans chaque département à l’attention des parents:
⦁ S’appuyant sur la coordination locale entre les Préfets, les CAF et les Conseils départementaux, déjà à l’œuvre dans le cadre des schémas départementaux des services aux familles, elle permettra de recenser les contact nationaux et locaux utiles (numéros d’urgences, plateformes téléphoniques, sites ressources) permettrait de faciliter l’appropriation des informations par les familles.
⦁ Rédigée dans chaque département, elle sera mise en ligne sur les sites des CAF et les sites institutionnels d’information locale.
⦁ Les associations locales, les communes et intercommunalités sont des acteurs essentiels de cette démarche.

Pour les enfants issus de l’ASE ?

La continuité pédagogique :
Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance et Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du Numérique appellent à la solidarité du plus grand nombre pour garantir le maintien de la scolarisation et les activités proposées aux enfants qui relèvent de l’Aide sociale à l’enfance.
En effet, de nombreux enfants protégés par l’Aide sociale à l’enfance sont aujourd’hui confinés dans des structures d’accueil et des foyers qui ne disposent pas de l’équipement informatique nécessaire. Ainsi, dans les conditions actuelles, l’enseignement à distance ne peut être assuré pour des milliers d’enfants. Il nous faut, au plus vite, pallier ce manque.
Les entreprises de toutes tailles et les particuliers qui le peuvent sont invités à mettre un ou plusieurs ordinateurs fixes, portables ou tablettes à disposition des structures de l’Aide sociale à l’enfance qui en expriment le besoin. Il suffira pour cela de choisir l’une d’entre elles en fonction de sa situation géographique, parmi toutes celles répertoriées sur la carte accessible à l’adresse suivante :
https://www.desordispournosenfants.fr/
Les ordinateurs seront ensuite récupérés et acheminés vers les foyers et établissements collectifs pour permettre aux enfants de suivre leurs enseignements en ligne et de participer à des activités nécessitant du matériel informatique.
Parmi les premiers donateurs figurent d’ores et déjà les entreprises Microsoft et son partenaire Emmaüs Connect ainsi que ACER France.

Un enfant ou un jeune revient d’un séjour en famille ou est nouvellement placé, que faire ?
Dans le contexte de la protection de l’enfance, il convient d’accueillir l’enfant, en respectant strictement les consignes générales d’hygiène préconisées.
Si l’enfant ou le jeune présente les symptômes du COVID-19, il convient de mettre en œuvre les consignes sanitaires inscrites dans cette fiche (isolement, prise de température, appel au médecin suivant habituellement l’enfant).

Un jeune a fugué et revient dans la structure, que faire ?
Il convient d’accueillir l’enfant, en respectant strictement les consignes générales d’hygiène de cette fiche.
Si l’enfant ou le jeune présente les symptômes du COVID-19, il convient de mettre en œuvre les consignes sanitaires inscrites dans cette fiche (isolement, prise de température, appel au médecin suivant habituellement l’enfant, …).

Quelles conduites à tenir pour les interventions en milieu familial ?
En ce qui concerne les AED et AEMO, les responsables des services doivent établir la liste des enfants devant faire l’objet d’un suivi prioritaire et nécessitant un contact présentiel ; Faire valider cette liste auprès du juge des enfants et en informer le service départemental de l’aide sociale à l’enfance ; Maintenir un contact téléphonique avec les autres mineurs, en limitant les déplacements des enfants, des familles et des professionnels ; Suspendre les activités collectives.

Pour les interventions des autres services à domicile (TISF, MAESF…), un plan de continuité de l’activité doit être partagé entre le conseil départemental et les associations pour organiser et adapter les relations et l’accompagnement avec les familles bénéficiant des mesures.

Quelles conduites à tenir pour les jeunes en autonomie ou accueillis en hôtel ?
Les encadrants doivent porter une attention particulière à expliquer aux jeunes la nécessité de respecter les mesures de protection imposée à l’ensemble de la population. Des moyens de contact numérique peuvent être mis en place pour leur permettre de communiquer entre eux et avec les encadrants. Les gestes barrières doivent leur être expliqués, ainsi que la conduite à tenir en cas de survenue de symptômes, en vérifiant que le jeune dispose bien des coordonnées nécessaires. Des visites ou contacts réguliers avec ces jeunes, en respectant les gestes-barrières, devront être organisées.

Quelles conduites à tenir pour les mineurs non accompagnés ?
Une continuité d’activité doit être prévue en ce qui concerne les missions relatives à l’évaluation, la mise à l’abri et l’accompagnement des mineurs non accompagnés. En cas de difficultés à réaliser l’évaluation de la minorité, notamment du fait de la suspension de l’utilisation de l’outil « aide à l’évaluation de minorité », il est prioritaire d’assurer a minima la mise à l’abri et l’accompagnement de ce public.

Lorsque l’établissement accueille un jeune ayant récemment séjourné dans une zone où circule le virus, soit dans un cadre d’évaluation de sa minorité, soit en placement, que faire ?
Bien qu’il existe des zones où circule plus intensément le virus, l’ensemble du territoire est désormais passé au stade 3.

Les ARS peuvent adapter les mesures générales, mais les conduites à tenir pour les individus restent les mêmes : respect scrupuleux des gestes barrière, confinement et limitation drastique de la vie sociale, en particulier auprès des personnes fragiles (femmes enceintes, malades chroniques, personnes âgées…). Pour les personnes revenant des zones de circulation du virus, une attention particulière peut être portée à la température (surveiller 2 fois par jour) et à l’apparition de symptômes d’infection respiratoire.

Lorsqu’un enfant ou un jeune accueilli présente des symptômes pouvant faire penser qu’il est atteint par le COVID-19, que faire ?
Dans l’immédiat : Vous devez contacter (téléphone ou téléconsultation) le médecin suivant habituellement l’enfant ou le jeune dans les meilleurs délais. Il évaluera l’état de santé de l’enfant ou du jeune, sans obligatoirement réaliser de test. Néanmoins, si les symptômes sont graves (notamment détresse respiratoire), il convient d’appeler le centre 15.

Dans l’attente du diagnostic, l’enfant ou le jeune doit être isolé de manière adaptée à son âge (essayer de respecter une distance d’au moins un mètre entre les enfants) et respecter les mesures barrières et d’hygiène. Dans le cas où la structure ne dispose que de chambres collectives, il convient d’instaurer une séparation physique (par exemple avec un paravent) ou d’établir une distance d’un mètre entre le jeune malade et les jeunes partageant sa chambre. Il est cependant nécessaire de s’assurer au préalable que son âge, sa morphologie faciale et son état de santé antérieur le permettent.

La prise en charge de l’enfant ou le jeune est diagnostiqué comme atteint par le COVID-19 :
Pour les formes légères et modérées du COVID 2019, ce qui est le cas pour les enfants en général, la durée de l’isolement de l’enfant ou du jeune sera déterminée par le médecin.

Pour trouver toutes les informations c’est par ici
Les numéros à relayer :

La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00 L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62 Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10 Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234

Retrouvez les fiches synthétiques relatives à la prise en charge des Mineurs non accompagnés : Fiches synthétiques MNA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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